Un soir de décembre, l’orange plantée de clous de girofle a ramené la cuisine de ma grand-mère, son rire en tablier et la buée sur les vitres. La conversation s’est déliée, le gâteau s’est allégé, et la solitude a battu en retraite, presque intimidée par cette chaleur retrouvée.
Pendant une nuit d’écriture, j’ai allumé un sapin fumé adouci d’encens. Les lignes ont cessé de fuir; le texte s’est posé comme neige. J’ai compris que l’odeur avait construit un refuge d’attention, une cabane intérieure où l’angoisse restait dehors, mains dans les poches, à attendre en vain.
Au studio, après la pluie, un souffle d’eucalyptus et de menthe poivrée a soulevé les paupières lourdes. Le groupe a respiré ensemble, plus profond, plus long. Les épaules ont descendu d’un cran, et la pièce a gagné une clarté souple, comme un carreau lavé par un enfant appliqué.






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